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Fiscalité internationale

Remboursement d'impôt étranger : que faire si l'administration tarde ?

25 octobre 2025

Un impôt trop prélevé à l'étranger peut être récupéré en France, souvent pour plusieurs milliers d'euros. Ce droit peut subsister même quand l'administration tarde à délivrer les pièces nécessaires, et même quand une première demande a échoué. Tout tient à une attestation que seule l'administration française délivre, et au moment où elle la délivre : lorsque c'est son propre retard qui fait perdre la somme, l'État peut en être tenu responsable.

Une situation fréquente

Le cas se rencontre souvent chez les personnes installées en France qui perçoivent des revenus de l'étranger : dividendes, intérêts, parfois une pension.

Un exemple l'illustre. Un résident de France reçoit des dividendes d'une société suisse : la Suisse retient d'office 35 % à la source, alors que la convention franco-suisse limite ce prélèvement à 15 %. Les 20 % de trop ont vocation à être remboursés, soit, selon les montants, plusieurs milliers d'euros.

Le problème : les délais administratifs

Ce remboursement suppose que cette attestation soit délivrée par l'administration française. Sans elle, le pays d'origine ne rend rien. Or la formalité peut prendre des mois, parfois des années, et c'est souvent en la demandant trop tard, ou en la laissant traîner, que l'on perd un droit pourtant acquis.

Le bon réflexe

Demander l'attestation de résidence dès le départ et conserver chaque preuve de dépôt. En cas de retard de l'administration, ce sont ces preuves qui protègent le droit au remboursement.

Ce que dit la justice

Un retard de l'administration n'est pas une fatalité. Le Conseil d'État l'a jugé dans une affaire où l'administration avait mis trois ans à certifier la résidence du demandeur, lui faisant perdre son remboursement.

La demande avait certes été déposée tardivement, mais il restait assez de temps pour que l'administration délivre l'attestation. C'est son propre retard qui a fait perdre le droit au remboursement : l'État a été jugé responsable.

Conseil d'État

Une demande qui paraît perdue ne l'est donc pas toujours. Encore faut-il démontrer que l'échec vient du retard de l'administration, et non d'un manquement du demandeur.

Où se perd un remboursement

Un remboursement se perd presque toujours au même endroit : sur un détail technique, avant même le fond.

01

Un revenu mal qualifié au regard de la convention.

02

Une mauvaise voie : remboursement à la source là où il fallait un crédit d'impôt, ou l'inverse.

03

Un certificat de résidence non conforme, ou dont la preuve de dépôt manque.

Chacun de ces points suffit à bloquer une demande pourtant fondée. Et quand une demande a déjà échoué, tout se joue ensuite sur la preuve et l'argumentation : montrer que le droit existait, et que c'est le retard de l'administration qui l'a compromis.

Le mécanisme dépasse le seul cas suisse : il vaut pour la plupart des revenus reçus de l'étranger dès qu'une convention fiscale s'applique. LS2P Avocats prend ces dossiers en charge, de la première démarche jusqu'au contentieux s'il le faut. Lorsqu'un remboursement paraît compromis, un premier examen suffit souvent à dire s'il reste récupérable.

Demander un premier examen

Laurent Pouille a publié une analyse technique de cette décision dans la revue juridique Doctrine.

Extrait de la publication

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Publication sur Doctrine • Référence : Doctrine-Tax-2025, comm. 189, L.Pouille